Transmission

La transmission et l’apprentissage collectif font partie intégrante de notre pratique artistique. Nous enseignons la théorie et la pratique du cinéma documentaire, du montage, de l’art vidéo et des formes participatives de l’image en mouvement, dans le cadre de cours universitaires, d’ateliers et de projets collectifs.

Notre enseignement interroge le cinéma à la fois comme langage artistique et comme système de représentation : qui regarde, qui est représenté, comment se construit un point de vue et quelles expériences restent hors champ. La pratique prolonge ces questions par la création, à travers le tournage, le montage, l’animation, les archives, l’observation et le travail avec les lieux et les personnes.

Nous avons travaillé avec des étudiant·es, des enfants et des adolescent·es, des artistes, des jeunes en détention et des publics issus de contextes sociaux et culturels très différents. Plutôt que d’enseigner une seule manière de faire des films, nous cherchons à transmettre des outils permettant à chacun·e de construire son propre regard et de trouver la forme que chaque histoire exige.

Cours

La caméra et le regard

Un cours consacré aux rapports entre cinéma, représentation et pouvoir. À travers l’analyse des formes cinématographiques et de leurs contextes historiques, politiques et institutionnels, nous interrogeons la construction du regard : qui filme, qui est regardé, qui parle et qui reste invisible ? Le cours explore également les possibilités du cinéma pour faire apparaître des expériences et des points de vue longtemps marginalisés.

Penser le cinéma par le montage

Le montage est abordé non comme une étape finale et technique, mais comme une manière de penser le cinéma dès l’apparition d’une idée. De Koulechov, Eisenstein et Pelechian aux pratiques contemporaines, le cours explore comment le montage construit le temps, le regard et le sens d’un film — et comment il peut, jusqu’en post-production, en transformer radicalement la perspective.

Cinéma site-specific : architecture et territoire

Comment un lieu peut-il devenir le point de départ d’un film ? À partir de bâtiments, de rues, de monuments, de paysages et de lieux de mémoire, le cours propose d’observer un territoire, d’en rechercher les histoires visibles et invisibles, puis d’inventer des formes cinématographiques à la frontière du documentaire et de la fiction. Il explore notamment le réalisme magique et la poésie cachés dans les espaces du quotidien.

La caméra et le regard – Sorbonne Nouvelle

Au cours de l’année universitaire 2025–2026, Taisiya Krugovykh a animé l’un des cinq ateliers de réalisation cinématographique de la Sorbonne Nouvelle dans le cadre d’Objectif Censier, le festival annuel de cinéma de l’université. Son atelier, « Les limites du visible », a réuni 25 étudiants.

Le cours, La caméra et le regard, explorait le cinéma à la fois comme langage artistique et comme système de représentation. Les étudiants ont examiné comment les rapports de pouvoir, les structures de production et les conventions établies déterminent qui et ce qui devient visible à l’écran — et comment la pratique cinématographique peut donner forme à des expériences marginalisées ou ignorées.

Les étudiants ont développé des films autour de sujets rarement représentés de l’intérieur, notamment la guerre civile au Sri Lanka, la dépendance à la pornographie, les personnes dans le coma, les élections en France et les troubles obsessionnels compulsifs.

Le cours s’est achevé avec le festival Objectif Censier, qui présentait 25 films réalisés par les étudiants des cinq ateliers. Sur les huit prix décernés lors du festival, six ont récompensé des films réalisés par les participants à l’atelier de Taisiya.