Œuvres d’art et expositions

In the Mother’s Arms — project image

In the Mother’s Arms

2025
Installation sonore
7 min 55 sec
Bangkok Art and Culture Centre (BACC)
Constellation of Complicity: Visualising the Global Machinery of Authoritarian Solidarity

Près d’un berceau, on entend la voix d’une femme. Elle chante une berceuse en russe. D’une voix douce, elle fredonne les clauses d’un contrat d’armement entre le Myanmar et la Russie. Le régime de Poutine et la junte militaire birmane tuent leurs opposants politiques, les envoient à la guerre, en prison ou en exil, endoctrinent leur population dès la naissance et déforment les lois comme le sens commun. La Russie a vendu des armes au Myanmar, qui les a utilisées pour réprimer les manifestations prodémocratiques ; puis Poutine a déclenché la guerre en Ukraine et racheté ces mêmes armes. Cette « chanson » semble ne jamais devoir s’arrêter — seul un nouveau-né pourrait y rester sourd.

Corps Flottants — project image

Corps Flottants

2025
Installations glacées dans cinq cellules
Journées du Patrimoine 2025
Ancienne gendarmerie, caves — La Ferté-Milon, France

Le verbe « glacer », concernant une personne, peut vouloir dire être saisi·e, paralysé·e de froid. Il peut aussi signifier, au sens figuré, figer quelqu’un, le pétrifier sous l’effet d’un sentiment violent de peur ou d’horreur.

Lorsque nous, qui venons de Russie, avons visité la gendarmerie avec ses caves froides, nous n’avons pensé qu’à une seule chose : aux tortures, qui sont devenues la norme en Russie.

Si l’on fige dans la glace un objet, on l’empêche d’agir, de nuire. Mais cette suspension est temporaire, car la glace fond. La décongélation devient une redécouverte : une manière de faire revivre les souvenirs et la mémoire autour de ces objets.

Ce sont deux actions antinomiques et, en même temps, indissociables. Cela dit peut-être aussi une façon d’arracher ces objets à l’oubli des saisons qui se répètent en boucle.

Last Meal Cafe exhibition — project image

Last Meal Cafe exhibition

2018
Exhibition
W139, Amsterdam

Last Meal Cafe est une exposition consacrée à l’usage politique du poison — l’empoisonnement comme méthode de pouvoir.

L’empoisonnement est étroitement associé à la nourriture ; l’exposition prend donc la forme d’un café : un café de l’empoisonnement. Chaque artiste dispose d’une table, et chaque table est liée à un cas particulier d’empoisonnement politique.

L’empoisonnement apparaît ici à différents niveaux : de l’élimination physique d’un opposant politique à l’empoisonnement intellectuel et moral de la société par l’idéologie, la propagande, la corruption et d’autres formes de manipulation. Les cas présentés dans l’exposition comprennent donc non seulement de véritables assassinats politiques, mais aussi des formes d’empoisonnement métaphoriques, poétiques et héritées. Chaque cas est lié au pays d’origine de l’artiste.

Les tables sont créées par des artistes qui vivent avec le sentiment constant d’habiter un environnement empoisonné — un environnement qui s’infiltre à travers la peau et pénètre dans le corps.

Le meurtre lui-même n’est pas le sujet. Tuer par le poison est plus complexe que de tuer quelqu’un avec une barre à mine dans une ruelle sombre. Cette forme de meurtre possède une poétique particulière.

L’empoisonneur reste anonyme. Il ne laisse aucune signature parce qu’il se croit le seul.